dimanche, 20 septembre , 2020

Football

1.Analyse de l’activité
Le football est un sport collectif opposant 2 équipes de 11 joueurs dans un terrain rectangulaire pouvant aller de 90 à 120 mètres de long et 45 à 90 mètres de large.
L’objectif de chaque formation est de mettre un ballon (sphérique) dans le but adverse dans le respect de la réglementation en vigueur.
Un match de football dure au total 2 périodes de 45 minutes entrecoupées d’une pause de 15 minutes au maximum.
1-1Les actions dans l’activité
D’après Dufour (1989) , les efforts maximaux en match se produisent sur des distances courtes (10 à 24 m)

Auteur Marechal (1996) Cazorla Cazorla Cazorla Lambertin Cometti
(1994) (1998) (1998) (2000) (2002)
Attaquant 28,60% 27,5-28,6% 29%
MARCHE Milieux 31,50% 20,7-31,5% 31%
Latéraux 2867m 28,80% 27,8-28,8% 29% 35%
Centraux 35,70% 22,9-35,7% 36% repos
Attaquant 37,20% 37,2-38,9% 35%
COURSE LENTE Milieux 3950m 38% 38-46,4% 38% 40%
Latéraux 41,40% 41,4-43,4% 41% efforts lents
Centraux 41,40% 41,1-49% 41%
Attaquant 23,10% 1600m 20,9-23,1% 23%
COURSE Milieux 1250m 19,50% 1500m 19,7-22,4% 20% 20% efforts moyens
RAPIDE Latéraux 19,70% 1600m 19,3-19,7% 20%
Centraux 16,90% 1300m 16,9-19,6% 17%
Attaquant 13,10% 900m 12,7-13,1% 13%
SPRINT Milieux 11% 800m 10.5-11% 11% 5% efforts explosifs
Latéraux 1933m 10,10% 900m 9,5-10,2% 10%
Centraux 6,30% 500m 6,3-8,5% 6%

Tableau n°1 : caractéristique des actions au football

 

1-2 Durée des actions :
Selon Cazorla (1994) , ces efforts répétés de nombreuses fois concernent donc des efforts intenses et varient en fonction du poste des joueurs.

Défense centrale Défense latérale Milieux Attaquants
SPRINT Nombre         18         31    39     47
Durée (s)         71        136    124     110
COURSE RAPIDE Nombre         82          96    90     105
Durée (s)        442        514    483     434

Tableau n°2 : Nombre et durée des sprints et des actions intenses selon le poste

Selon :

  • Cazorla (1998) – une action intense toutes les 43’’
  • Cometti (2002) – des efforts< 7.5 sec
  • Monbaerts (1996) :
    – la moitié des actions 15’’ avec un temps de repos de 15’’

– l’alternance de 15’’ de jeu et 15’’de repos représente 30% du jeu

– l’alternance de 7’’ de jeu et 15’’ de repos représente 25% du jeu

1-2 Filière énergétique
Les études statistiques de Cazorla (1994) sur les charges externes du footballeur ont été réalisées en utilisant l’effet des différentes actions sur les filières énergétiques au cours d’un match.
Ainsi, nous avons une vision concrète des filières énergétiques sollicitées par le footballeur en situation de compétition (figure 1)

métabolismes

Figure n°1 : Extrapolation des métabolismes sollicités

Métabolisme aérobique : 70.8 % marche plus course lente ; récupération active (glycolyse et lipolyse)
Anaérobie alactique : 14.9% sprint plus action intenses et courtes : actions souvent déterminantes
Anaérobie lactique : 14.3% de course intense à VMA (métabolisme mixte : aérobie, VO2 max et glycogénolyse)

Toutes les sources d’énergie citées ci-dessus sont stimulées par l’activité du football, la sollicitation d’une filière à l’autre va dépendre de l’intensité et de la durée de l’effort.
L’importance du mécanisme aérobie sera caractérisée par la capacité à pouvoir supporter une charge de travail volumineuse à une intensité peu élevée (vitesse égale à 65-70% du VMA). Cela se traduit sur le terrain par des déplacements tels que : suivre l’action de ses coéquipiers, se replier à une vitesse raisonnable à la fin d’une action d’attaque ou encore coulisser d’un coté à un autre suivant la position du ballon. La source d’énergie est dans ces cas en grande partie de type aérobie.
L’importance du mécanisme anaérobique est sans doute la plus importante pour une activité telle que le football. Les actions les plus déterminantes tels que les sprints, changements rapides de direction, les tirs, les sauts… sollicitent cette filière énergétique caractérisant des actions qui demandent une grande rapidité d’exécution, une haute intensité et une grande force.
La filière lactique, en général, est peu sollicitée pendant un match de football. Elle peut survenir lors de phases de jeu particulières comme le pressing ou un replacement après une longue course. Selon Bangsbo (1994), elle dépend des masses musculaires mises en jeu, du moment du match, du niveau du jeu, du poste occupé et des qualités des fibres musculaires.

2. Concept de la préparation physique intégrée
L’avantage d’une préparation physique intégrant la dimension motrice de l’activité du football va, selon Lambertin (2000) , induire la progression des capacités physiologiques tout en améliorant la gestuelle spécifique à l’activité.
Cependant, au-delà de la préparation purement athlétique (course à vide) qui peut faire progresser l’individu en améliorant que les aspects relatifs aux attitudes de course (aspect biomécaniques et moteurs), il s’agit pour nous d’intégrer la motricité football. Cette motricité permettra d’ajouter la dimension « technique individuelle » par exemple avec le contrôle de balle de même que la dimension perceptivo-motrice en ajoutant un partenaire (ou adversaire). Elle concerne donc l’aspect tactique et collectif.
De fait, le joueur, par le biais du phénomène de transfert, profitera du développement d’une qualité particulière pour améliorer d’autres qualités indispensables dans pratique du football. Cet apport permet alors une meilleure gestion temporelle de l’entrainement.

3. Les temps de récupération
L’activité football, selon les statistiques vues précédemment, peut être caractérisé par :
– une activité de longue durée, à fréquence cardiaque élevée ;
– lactate mie peu importante ;
– les caractéristiques du jeu sollicitant l’alternance de sprint, de course rapide, de marche ;
– des actions techniques exigeantes : vitesse, puissance et précision d’exécution.
Le temps de récupération est donc un facteur prépondérant à prendre en compte dans la notion de performance. Lors d’un exercice bref comme nous l’avons vu précédemment, le principal type de métabolisme énergétique utilisé est le système des phosphagènes (ATP, PCr). Il est quasiment épuisé après 15 secondes d’effort Wilmorte et al (1998) .
Entre deux ou plusieurs actions intenses, la resynthèse d’énergie intramusculaire telle que la phosphorylcréatine (PCr) est d’une importance capitale. En effet, cette source d’énergie est celle qui est utilisée et épuisée dès les toutes premières secondes d’un effort intense.
Dans l’idéal, si l’on se fie à Cazorla (2003) , la resynthèse totale ne dépasserait pas les 43 secondes. Or, une étude de Francaux et Al (1999) montre que la resynthèse est complète, après deux minutes de récupération (le mode de récupération active ou passive n’étant pas précisé) (Figure 2).

PCr

 

Figure 2: Evolution typique de la PCr durant un exercice d’une minute à 70% de la force maximale isométrique avec 5 minutes de récupération.
De plus, la vitesse de resynthèse dépend du pouvoir oxydatif du muscle (resynthèse en aérobiose), mais aussi de l’ATP présent immédiatement dans le muscle Mombaerts (1996) .

4. Les qualités physiques requises
Suite à un questionnaire à réponses ouvertes soumis à sept sélectionneurs internationaux, Cazorla (1994) a ainsi pu mettre en évidence que la qualité physique demeurait la qualité primordiale du footballeur.
Un autre questionnaire à réponses fermées relatif à une échelle d’appréciation des qualités du footballeur est soumis à 19 conseillers régionaux et à 13 entraineurs d’équipes professionnelles. Ainsi, neuf facteurs (tableau n° 3) ont ainsi été étudiés

Morphologie Capacités physiques Capacités physiologiques
-La taille -Vitesse-Vivacité-Force explosive-Puissance-Souplesse-Dextérité -Aérobie-Anaérobie lactique

Tableau n° 3: les facteurs de performance étudiés chez un footballeur

Concernant les capacités physiques, une étude plus approfondie à été établie selon Cazorla (1994) pour voir l’exigence de chaque paramètre en fonction du poste de jeu (tableau n°4).

1 2-3 4 5 6 7-8 9 10 11
Vitesse 18,2±1,4 17,5±1,7 16,8±2,3 18,2±1,5 18,7±1,2
Vivacité 17,2±2,6 16,2±2,2 17,4±1,9 16,2±2,1 17,6±1,8
Force explosive 18,9±1.3 18,3±1,5 16,7±2,4 18,3±1,5 16,8±2,9
Détente 17,0±2,2 17,0±1,8
souplesse 18,4±1,6
Dextérité 17,7±1,9 16,8±2,2 17,7±2,6 17,9±1,9 16.9±3,0

Légende : 1) Gardien, 2-3) Défenseurs latéraux, 4) Stoppeur, 5) Libéro, 6) Milieu défensif, 7-8) Milieu latéraux, 9) Avant centre, 10) Milieu offensif, 11) Attaquant